Fabriquer et commercialiser ses produits de soins naturels de A à Z: l’expérience de Judy Levac-Bourbonnais

Judy Levac-Bourbonnais est une Campivallencienne qui dans la dernière année a suivi des études en herboristerie et a démarré sa petite entreprise de produits de soins naturels pour la peau. La jeune entrepreneure nous livre ici un témoignage sur son aventure riche en découvertes et en expériences.

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Salut! Je m’appelle Judy. Je suis une jeune maman de bientôt 3 enfants. J’ai un DEP en horticulture et jardinerie, mais je n’ai pas eu la chance de pratiquer mon métier puisqu’à l’obtention de mon diplôme, j’étais déjà maman à la maison.  Ayant un intérêt pour les plantes médicinales et leurs vertus, j’ai voulu pousser mes connaissances et me lancer dans la fabrication de produits naturels.

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Comment assouvir cette nouvelle passion tout en m’occupant de mes enfants?
Jeunes Volontaires fût la solution.  C’est un programme gouvernemental du Carrefour Jeunesse-Emploi qui subventionne les projets des jeunes de 16-29 ans.  Jeunes Volontaires m’a permis de faire de nouvelles rencontres, en autre mon mentor Jasmine Kabuya Racine, qui fait partie de l’association des Incroyables Comestibles du Suroît.  J’ai d’ailleurs participé à plusieurs événements organisé par les ICS, tels que la plantation du sentier fruitier à St-Timothée, la disco soupe et un atelier sur la permaculture.  Par le biais de Jasmine, j’ai rencontré des passionnés d’herboristerie à la ‘Perle des champs’.  C’est plaisant de pouvoir jaser avec du monde qui ont les mêmes intérêts.

QUEL EST MON PROJET?
Alors mon projet se résume en deux volets;

  1. Réaliser un jardin potager en expérimentant différentes techniques telle que la butte ‘Hugelkultur’.
  2. Réaliser un jardin médicinal et transformer mes plantes en produits de soins et d’hygiène corporelle.

Grâce à la subvention, j’ai eu les moyens de réaliser ce projet qui me tient à coeur et de suivre des cours par correspondance à l’Académie Herboliste.

PLEIN DE DÉCOUVERTES
Au fil de la dernière année, j’ai rencontré du monde avec les mêmes intérêts que moi. J’ai eu la chance de participer à des ateliers ainsi qu’à des conférences en lien avec l’horticulture et l’herboristerie. J’ai découvert de nouvelles entreprises tel que Coop Coco qui vend absolument tout le matériel nécessaire à la fabrication de produits naturels. Et surtout, j’ai acquis les connaissances que je voulais avoir.
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J’ai essayé la fameuse technique amérindienne des trois sœurs; le maïs, les haricots grimpants et les courges. Le maïs agit comme tuteur pour les haricots grimpants. Les haricots, faisant parti de la famille des fabacée, fixe l’azote dans le sol et les courges agissent comme couvre-sol, ce qui empêche les mauvaises herbes d’envahir.
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Je les aient planté sur ma butte Hugelkultur. Cette butte est constituée de vieille souches d’arbres, de branches mortes, de feuilles mortes et de terre.  Les éléments se décomposent sur plusieurs années et apportent les nutriments nécessaires aux plantes. Dans mon cas, j’ai également planté des citrouilles avec les courges. C’était beau de les voir s’étendre sur la butte jusqu’au sol.

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Une démonstration du butte d’Hugelkultur à Washington State University

En ce qui attrait du jardin médicinal, j’ai fais pousser de la calendule, de la lavande, de la camomille, des échinacées, de la sauge, de la guimauve ainsi que du thé des bois.

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Le jardin médicinal de Judy (début de l’été 2016)

J’ai appris qu’il était préférable de semer les graines de calendule directement à l’extérieur au lieu de les partir en semis à l’intérieur. Et j’ai été étonné à quel point c’est une plante facile et prolifère! Avec une quinzaine de plants, je pouvais facilement cueillir 200 fleurs aux 2 jours. Sans parler des graines que l’on récolte en fin de saison! J’ai récolté cinq pots maçon de 1 litre bien remplis. Je produit des fleurs de calendules pour ses multiples vertus thérapeutiques; anti-inflammatoire, cicatrisante, antiseptique et astringent. Ainsi je peux fabriquer de la crème, du savon et des onguents.

COMMENT ACCÉDER AUX BIENFAITS DES CALENDULES
Donc, le procédé c’est de récolter les fleurs ou les feuilles dépendamment de la plante. De les faire sécher. Ensuite, on les fait macérer dans l’huile pendant un mois. J’utilise l’huile d’olive extra vierge. Une fois l’huile filtrée, elle bénéficie maintenant des propriétés médicinales de la plante et est prête à être utilisée. J’ai fais l’erreur de macérer des fleurs fraîches dans l’huile. Elles ont toutes rancies. Je m’étais fié à une vidéo Youtube. La fille faisait macérer des fleurs fraîches de millepertuis, qui semble être l’exception à la règle.
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LA FABRICATION DE PRODUITS NATURELS POUR LA VENTE
Je suis présentement dans la fabrication de mes produits et j’adore ça! Je fais des essais/erreurs. 
Pour le déodorant, la consistance du premier essai était un peu molle et la fragrance était plutôt forte. Mon deuxième essai, j’ai eu la bonne consistance et j’ai essayé une fragrance différente (une odeur trop sucrée à mon goût).  Le troisième essai fût le bon. La consistance était parfaite et la fragrance était bien dosée.

Le savon a été un succès et j’ai adoré l’expérience! J’utilise le site internet SoapCalc pour élaborer mes recettes. Ainsi, je peux doser mes ingrédients pour que le savon ait les propriétés moussantes désirée, sa dureté, son aspect crémeux, etc.

J’apprends aussi comment élaborer des étiquettes, faire un site internet (accessible, mais en construction: les commandes ne peuvent être effectuées pour l’instant) et éventuellement vendre mes produits!

Ces apprentissages me serviront pour toute la vie. Ce sera non-seulement un revenu mais également des économies et je sais exactement ce qu’il y a dans mes produits bio.

Nous sommes finalistes au prix Action David Suzuki 2016!

Notre groupe Incroyables comestibles du Suroît est l’un des 10 finalistes retenus pour le Prix Action David-Suzuki 2016 parmi près de 150 propositions soumises par des citoyens engagés.logo_prix_action_6janv_2016_xtra_lrgLes 10 finalistes seront annoncés dès le 1er décembre. Le public est inviter à voter pour son projet favori du 1er au 11 décembre (pour voter, cliquez sur ce lien). Nous vous invitons à voter pour nous afin d’obtenir le maximum de votes: ceux-ci seront pris en compte par le jury lors de la sélection finale!

incroyables-comestibles-du-suroit-twitterLe jury, composé de plusieurs personnalités reconnues dans le milieu environnemental, se réunira pour choisir le gagnant. Son nom sera dévoilé le Lire la suite

Semer de l’ail avec des petites mains et des grands curieux

La pelouse de ce mois de décembre est encore bien verte dans la Vallée-du-Haut-St-Laurent. Je me suis dit qu’il était pas trop tard pour vous écrire au sujet de la plantation d’ail effectuée avec une classe de 20 élèves en 3ième année à l’école Marie-Rose le 26 octobre dernier.

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Il y a deux ans, une plantation similaire avait lieu au même endroit. Quelques enfants s’en souvenaient bien d’ailleurs. Étant donné que cette fois-ci ils étaient âgés entre 8 et 9 ans, la professeure et moi avons décidé d’enrichir l’exercice en leur posant quelques questions (retrouvez les documents en bas du billet pour les utiliser dans votre atelier) pour stimuler leurs esprits scientifiques et éveiller leurs connaissances en matières d’agriculture. Pourquoi plantons-nous les bulbes d’ail à l’automne? Quel sorte de terre préfère l’ail? Quelles autres plantes ont un goût piquant comme l’ail? Voici quelques questions posées aux élèves.

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Audrée Bourdeau, agente de quartier avec les jeunes.

Évidemment, le moment le plus exaltant est bien lorsqu’on sort en petits groupes pour «jouer» dehors!

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Lina Racine montre à quelle profondeur on sème la gousse d’ail.

Nous étions 3 femmes à animer l’activité extérieure: Lina Racine, jardinière experte en plantation d’ail dans Hochelega-Maisonneuve, Audrée Bourdeau, dynamique agente à la vie de quartier au PRAQ et moi-même, Jasmine Kabuya Racine, horticultrice et maman de 2 enfants qui vont à l’école mentionnée.

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Jasmine Kabuya Racine anime pour une troisième fois cet atelier qui clôt les activités des Incroyables comestibles pour l’année.

À tour de rôle, nous avons refait le tour des questions posées aux enfants plus tôt en classe. Ils émettaient leurs hypothèses souvent très proches de la réponse. Allumés, empressés, soucieux, les jeunes ont chacun mis en terre au moins une gousse pointe vers le haut dans la parcelle de terrain préalablement enrichi du compost… fait à l’école! DSCN6062DSCN6050

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Bon dodo les gousses!

Au début de l’été 2016, les fleurs d’ail devraient se déplier. Et à la mi-juillet, les bulbes joufflus seront récoltés prestement par des amateurs d’ail du coin…

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L’ail à l’été 2014.

Par la suite, nous nous sommes amusés à recueillir 5 échantillons de sol pour un test (2015 est l’Année internationale des sols). Mis dans des pots de verre, chaque échantillon récolté ici et là dans la cour (terrain de soccer, potager, près du carré de sable, sous la pelouse, etc.) se sont vu ajoutés de l’eau. Les enfants ont secoué  le mélange, puis ils ont laissé reposer le tout plusieurs heures avant d’observer. LOGO_IYS_fr_Print_square

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Échantillon de sols. Photo par Lee-Zian Génier.

Le but était de voir les différentes types de matières du sol se superposer ou flotter sur l’eau. Cela intriguent les enfants. On peut ensuite les questionner sur les matières (l’humus flotte, tandis que le sable coule), sur le pourcentage de chacune. Évidemment, on en vient à faire le lien avec les élèves que le sol dans lequel ils ont planté l’ail est celui où on retrouve de l’humus, partie essentielle de la fertilité de nos sols qui influence nos récoltes!

Toutefois, le concept de fertilité est plus complexe qu’il n’y paraît. C’est pourquoi Lee-Zian Génier, enseignante de 3ième poursuivra l’exploration plus tard cet hiver. Une activité de culture intérieur de haricots dans diverses situations  aidera les jeunes à mieux saisir ce concept de sol fertile…

Document partagés pour un atelier de plantation d’ail avec des élèves de 2ième cycle (cliquez sur les deux titres suivants):

La plantation de l’ail

Lecture du blogue

Découvrez des activités et des affiches explicatives extraordinaires sur le site de les sols ici.

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DSCN6087Dix petits bulbes (bulbilles) d’oignons ont été cachés dans la plate-bande de la ruelle verte des Tisserands. Ce ne sont pas des oignons ordinaires. Ils se prénomment oignons égyptiens ou Allium cepa var. proliferum (en anglais Tree onion, Walking onion). En effet, ils proliféreront dans les prochaines années, car il s’agit de plantes vivaces, qui reviennent donc au printemps et se multiplient aisément. Un plus pour nos aménagements comestibles! Ils ont été commandés à la Société des Plantes en octobre dernier et plantés à la fin du même mois. Suivez leur croissance, ils promettent du goût à nos plats et de la beauté intrigante dans notre centre-ville.

Oignon égyptiens et ses têtes pleins de bulbilles. Source de la photo: Wikipedia.

Oignon égyptiens et ses têtes pleins de bulbilles. Source de la photo: Wikipedia.

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